La Voix du Nord

Le Touquet: de lourdes menaces pèsent             sur le retour du Dragon 62

PUBLIÉ LE 02/05/2014       PAR FABRICE LEVIEL

Le Dragon 62 en train de se poser sur le tarmac de l’aéroport du Touquet. Une image révolue ? LLe Dragon 62 en train de se poser sur le tarmac de l’aéroport du Touquet.

Une image révolue ?e Dragon 62 en train de se poser sur le tarmac de l’aéroport du Touquet. Une image révolue 

Mardi, il y a eu de la visite dans le local de la Sécurité civile, situé à l’aéroport du Touquet. « Discrètement, on a déménagé du matériel de maintenance et des pièces de rechange de l’hélicoptère de la Sécurité civile, le Dragon 62 », explique le député-maire du Touquet, Daniel Fasquelle. Cet hélicoptère a pris la direction de la Guyane en février. Sur ordre du Ministère de l’Intérieur, autorité de tutelle de la Sécurité civile. Depuis, les trois équipages (trois pilotes et trois mécaniciens de la Sécurité civile) ont été affectés sur d’autres bases. Mais la base de la sécurité civile existe toujours, du moins administrativement.

300 personnes secourues en 2013

Cette décision n’a pas fait plaisir à Daniel Fasquelle. Mais il avait reçu l’assurance que l’hélicoptère rejoindrait sa base du Touquet pour la période estivale. Ce déménagement des pièces de rechange, quasiment en catimini, lui semble de très mauvais augure… et c’est sans ambages qu’il évoque une volonté de l’État de fermer définitivement la base de la Sécurité civile du Touquet. « C’est un outil essentiel pour la sécurité de la population du Montreuillois. L’année dernière, plus de 300 personnes ont été secourues grâce à lui. Si on nous l’enlève définitivement, c’est de la non-assistance à personne en danger. »

Mercredi, il a fait voter par son conseil municipal une motion demandant la pérennisation de la base de la Sécurité civile du Touquet. Cette motion a été envoyée à tous les maires du Pas-de-Calais et est déjà sur le bureau du premier ministre Manuel Vals, du Ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, et de Frédéric Cuvilier, ministre chargé du transport, de la mer et de la pêche et également maire de Boulogne-sur-Mer.

« Un outil indispensable »

René Duriez, responsable des services de santé des sapeurs-pompiers du Pas-de-Calais est très remonté lui aussi. « Le fait qu’on enlève toutes les pièces de maintenances et de rechange, c’est un signe clair pour nous faire comprendre que le Dragon 62 ne reviendra jamais au Touquet, assure-t-il. C’est comme si vous alliez au travail le matin et que vous vous aperceviez qu’on a embarqué tous vos outils. Qu’en déduiriez-vous ? »

Le Dragon 62, c’était son « bébé ». « Quand, en 2010, la Sécurité civile nous a informés qu’elle voulait déménager l’hélicoptère de la sécurité civile de Lille pour l’installer à l’aéroport du Touquet, on nous a demandé de le médicaliser. C’était un gros défi. Il a fallu former des sapeurs-pompiers à l’hélitreuillage, installer le matériel médical à l’intérieur. On a réussi à le rendre opérationnel 7 jours sur 7, 365 jours sur 365. »

Indispensable le Dragon ? Pour René Duriez, cela ne fait aucun doute. « Avec l’hélico de la Sécurité civile, on avait un dispositif parfait. » Le Dragon 62 embarquait un équipage de sapeurs-pompiers qui tenaient leurs astreintes à l’aéroport. Il était spécialisé dans l’hélitreuillage et le secours de personnes blessées en milieu difficile. « Quelque chose que l’hélicoptère du SAMU ne peut pas faire, poursuit René Duriez. Eux sont spécialisés pour le transport vers les hôpitaux. Quant au Dauphin de la Marine nationale, son domaine c’est la mer. Avec la Sécurité civile, le SAMU et le Dauphin, on avait une complémentarité parfaite. »

Pour René Duriez, le risque de devoir faire définitivement sans le Dragon, est très probable. « C’est une véritable aberration. une vraie régression. Le Dragon 62 n’intervenait pas que dans le Montreuillois. On couvrait le Pas-de-Calais, le Nord, l’Aisne et la Somme. On a sauvé des gens en détresse cardiaque ou respiratoire, il y a deux ans, du côté de Saint-Quentin, en pleine tempête de neige. Ces gens étaient coincés. Seul le Dragon pouvait les atteindre pour les mettre en sécurité. S’il n’avait pas été là, que seraient-ils devenus ? »

Selon le médecin-chef des sapeurs-pompiers, si le Dragon 62 ne revient pas au Touquet, la situation sera pire qu’avant 2010. « Avant 2010, au moins le Dragon était basé à Lille. Si, comme je le redoute, l’État décide de fermer la base du Touquet, la Sécurité civile sera absente de tout le nord de la France… »

Daniel Fasquelle, le député-maire du Touquet, assure de son côté qu’il se battra de toutes ses forces pour faire revenir le Dragon 62 au bercail. « Même si, officiellement, on nous assure du contraire, le risque de voir disparaître la base de la Sécurité civile au Touquet est bien réel. C’est une situation extrêmement grave. »

Les députés UMP de Corse obtiennent le maintien des unités insulaires de sécurité civile

 

Rédigé par Charles Monti le Mercredi 30 Avril 2014 à 22:02 | Modifié le Mercredi 30 Avril 2014 - 22:14

 

Camille de Rocca Serra, Sauveur Gandolfi-Scheit et Laurent Marcangeli ont pris acte, avec satisfaction, de la réponse positive du ministre de l’Intérieur qu’ils avaient sollicité pour garantir le maintien des deux unités de sécurité civile, Dragon 2A et Dragon 2B.


Les députés UMP de Corse obtiennent le maintien des unités insulaires de sécurité civile

Depuis quelques mois, par voie de presse ou de pétitions, l’ensemble des personnels navigants de Corse ont font part de leur inquiétude face à l’éventuelle suppression de l’une des deux bases de la sécurité civile, voire des deux. On se souvient que récemment avait été évoquée la suppression de l’hélicoptère de secours Dragon 2A, l’EC145 d’Ajaccio qui a effectué plus de 1 000 interventions et a pu sauver plus de 1 100 personnes l’année dernière. 

Compte tenu des conditions de parcours et des problèmes de circulation et d’accessibilité à nos villages de l’intérieur, le secours des victimes en Corse nécessite des moyens aériens, donc des hélicoptères. On ne peut pas imaginer que ceux de la gendarmerie puissent assurer ces mêmes missions d’urgence. 

Les trois députés de l’île ont insisté sur le fait que la rapidité d’intervention était la seule garantie de sauver et secourir des victimes. L’évènement tragique, survenu dimanche dernier à Porto-Vecchio où la structure d’un établissement de bord de mer s’est effondrée, est venu corroborer cette position puisque les deux unités, Dragon 2A et Dragon 2B, ainsi que l’hélicoptère de la gendarmerie ont été conjointement mobilisés pour venir en aide aux victimes et les évacuer vers les centres hospitaliers. 

Les élus attendaient une réponse claire, qui ne soit pas uniquement budgétaire. En Corse comme ailleurs, les victimes doivent bénéficier de moyens pour prévenir les accidents et garantir la sécurité pour tous. 

Répondant aux trois parlementaires UMP de Corse, Bernard Cazeneuve leur a assuré qu’il n’était plus question de « revenir sur la carte des implantations d’hélicoptères d’Etat en Corse. La topographie de l’île et les risques de sécurité civile auxquels elle est confrontée justifient le maintien en l’état de la flotte actuellement positionnée à Ajaccio et à Bastia. » 
  

 

La réponse du ministre

Les députés UMP de Corse obtiennent le maintien des unités insulaires de sécurité civile

 

 

 

 

par Thierry Dubois

Des pilotes d’hélicoptères sanitaires s’opposent au projet d’« assistant de vol »

 29 avril 2014

La DGAC a approuvé l’idée des médecins hospitaliers : les médecins ou infirmiers pourront assister le pilote dans les hélicoptères du Samu. Reste à convaincre les pilotes et les exploitants.

La DGAC approuve désormais l’idée de former des médecins ou infirmiers au métier de « membre d’équipage technique  » dans les hélicoptères du Samu. La réglementation AESA IR-OPS qui exige cet « assistant » sur certains vols va entrer en vigueur en France en octobre, après deux ans de régime dérogatoire. Les exploitants ont des positions variées sur le sujet, entre circonspection et soutien actif. Mais un syndicat de pilotes ne veut pas voir du personnel médical aider le pilote dans sa tâche aéronautique.

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La DGAC approuve le principe de former médecin pour qu’il assiste le pilote sur certains vols.
© Airbus Helicopters

L’association française des utilisateurs d’hélicoptères sanitaires hospitaliers (AFHSH), qui regroupe les médecins du Samu héliporté, avait en 2013 voté une motion proposant que ce second membre d’équipage soit issu de l’hôpital. La réglementation n’impose cet assistant que lors du vol aller, lorsque l’hélicoptère se rend sur les lieux d’un accident – en-dehors de toute hélisurface. L’idée est donc que le second membre d’équipage soit assis à côté du pilote à l’aller et à côté du patient au retour.

C’est cette idée que la DGAC a validée, dans son principe, par la voix de Maxime Coffin, chef de la mission aviation légère, générale et hélicoptères. Lors de l’assemblée générale de l’AFHSH, fin mars, il a tout de même rappelé qu’un programme de formation doit être approuvé par ses services. Les tâches obligatoires sont l’assistance à l’anti-collision et la sélection du site d’atterrissage, a-t-il précisé. C’est donc le soulagement chez les médecins hospitaliers. Un second pilote serait trop coûteux au regard des budgets de la santé. Pire, son poids réduirait la charge utile de 80 kg ou l’autonomie de 20 minutes, estime Nicolas Letellier, président de l’AFHSH.

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Inaer France compte tirer profit de son expérience acquise hors de France pour former ses futurs assistants de vol
© Inaer Helicopter France

Inaer France, un exploitant qui a récemment remporté plusieurs contrats avec des groupes d’hôpitaux français, ne voit aucun inconvénient à former des personnels hospitaliers. « Nous préparons un programme de formation d’une durée de trois jours, auquel s’ajoutera de l’enseignement électronique, » explique Frédéric Goig, pdg d’Inaer France. La formation est inspirée de celle qui existe dans d’autres pays où Inaer fournit un service de transport médicalisé.

Mais le programme français d’Inaer comprendra aussi des tâches comme l’aide à la navigation, aux communications radio, à la lecture de check lists, à la surveillance de paramètres et à la préparation de l’appareil. Il s’agit de plus d’assurer la sécurité, rotors tournants, lors des opérations d’avitaillement et d’embarquement/débarquement. Ce sont des tâches que le pilote « peut déléguer  » à son assistant, selon le texte officiel de l’AESA. C’est là que le bât blesse. Le syndicat de pilotes SNPNAC estime que le second membre d’équipage doit savoir accomplir ces tâches secondaires. L’AFHSH, au contraire, suggère qu’il peut se contenter d’être « une seconde paire d’yeux  » pendant le vol aller, se référant à l’avis favorable de l’autorité française. Interrogée, l’AESA s’en remet à la DGAC.

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Le syndicat de pilotes SNPNAC estime qu’on ne peut pas avoir une double compétence médicale et aéronautique.
© DR

Au SNPNAC, on rejette le principe même de voir exercer un métier aéronautique à temps partiel dans le siège du copilote. « On ne peut pas avoir la double compétence », affirme Jean Bec, responsable du secteur au SNPNAC. Et d’enfoncer le clou : « Chargé de la sécurité à l’aller, ça ne tient pas devant un tribunal  ». Jean Bec compte utiliser son siège au conseil du personnel navigant pour exiger une mise en œuvre plus stricte de l’IR-OPS.

Une autre organisation de pilotes, l’association nationale pour le service médical d’urgence par hélicoptère (ANSMUH) a une approche plus conciliante. En substance : peu importe l’origine du second membre d’équipage, à condition qu’il soit correctement formé et les responsabilités clairement définies.

Le point de vue de l’ANSMUH ressemble à celui de plusieurs exploitants importants. Selon une source proche de SAF Hélicoptères et Mont-Blanc Hélicoptères, ces deux opérateurs de Samu héliporté ne s’opposent pas au principe. Mais ils sont inquiets des problèmes de responsabilité. Ainsi, l’exploitant de l’hélicoptère n’aura aucun contrôle sur les périodes de repos du second membre d’équipage. Par ailleurs, les opérateurs ne voudraient pas s’attirer les foudres des syndicats de pilotes.

Reste qu’une compagnie belge, NHV, vole déjà pour plusieurs hôpitaux du nord de la France avec un second d’équipage à plein temps. Sans qu’il représente une dépense prohibitive, semble-t-il.

Thierry Dubois

Un hélicoptère au secours des pompiers drômois et ardéchois

Samedi 26 avril 2014  Pour l'instant, il ne s'agit que d'un projet. Les services de secours de la Drôme et d'Ardèche souhaiteraient qu'un hélicoptère de la Sécurité Civile soit mis à leur disposition dans les meilleurs délais. L'appareil a été présenté hier à Valence et il a fait l'unanimité.

L'hélicoptère EC 145 de la Sécurité Civile Germain Treille © Radio France

Le "EC 145", c'est son nom, a réussi, en quelque sorte, son examen de passage au cours de plusieurs simulations d'accidents au bord du Rhône. Treuillage de victimes en montagne, manœuvre de guidage d'un bombardier d'eau et sauvetage dans le fleuve. Alors, évidemment, pas question d'acheter cet hélicoptère. Il coûte plusieurs millions d'euros. Le but est de redéployer ceux qui existent et qui sont basés, pour les plus proches, à Lyon, Grenoble et Nîmes.

 

 

L'hélicoptère EC 145 de la Sécurité Civile sur le port de Valence.

(Germain Treille) © Radio France

Les pompiers de la Drôme et de l'Ardèche font valoir que cet hélicoptère leur serait bien utile dans leurs différentes missions. Il est rapide, son rayon d'action a doublé par rapport à son prédécesseur, l'Alouette III, sa capacité d'emport a triplé et sa longueur de treuil est passé de trente à quatre-vingt-dix mètres. Autre argument avancé, celui des risques liés à la montagne, à l'eau et aux incendies. Des risques qui existent et qui sont importants dans cette partie de la région Rhône-Alpes. Un gain de temps donc lors d'une intervention et également d'argent. Une heure de vol coûte 3.000 euros. Le "EC 145" met, par exemple, quarante minutes à rallier la Drôme ou l'Ardèche depuis Nîmes. Le Conseil général de la Drôme promet de tout faire pour qu'un appareil de ce type soit stationné en permanence à Valence.


La Revue des SAMU - Médecine d'Urgence - 2014 - 95

Communiqué :   Samu-Urgences de France se félicite de la publication du  rapport du CNUH sur les hélicoptères sanitaires.

 

Pour Samu-Urgences de France, trois conclusions majeures se dégagent de ce rapport.

l. Le transport sanitaire est une mission de santé et doit être reconnu comme tel. Les compétences des médecins assurant des missions d'aide médicale urgente dans ces hélicoptères doivent être celles requises pour les Smur.

2. Une politique nationale de l'HéliSmur (hélicoptère dédié au Smur) doit être mise en place afin de répondre de la façon la plus efficace et la plus efficiente aux besoins de la population dans le domaine de l'aide médicale urgente. Ce rapport constitue une solide base, sur laquelle les autorités sanitaires peuvent s'appuyer pour l'élaboration de cette politique.

3. L'utilisation des hélicoptères de la Sécurité Civile pour répondre aux besoins sanitaires apparaît comme une "fausse bonne solution". Il faut donc, de façon claire et déterminée mais sans doute progressive, organiser la transition vers une organisation nouvelle reposant essentiellement sur des HéliSmur et n'impliquant plus, de façon structurelle, les moyens de la Sécurité Civile dans le dispositif de l'aide médicale urgente.

L'emploi relativement large des hélicoptères de la Sécurité Civile apparaît aujourd'hui comme l'une des causes de l'absence d'une organisation cohérente des moyens hélicoptères sanitaires. Les hélicoptères de la Sécurité Civile ne sont pas moins chers (au contraire!) et rien ne montre qu'ils soient plus sûrs. En revanche, il est clair qu'ils présentent les trois sérieux inconvénients suivants:

  • La disponibilité de ces appareils pour des missions de santé est aléatoire et imprévisible.
  • Les appareils choisis par la Sécurité Civile (sur des critères sans doute logiques au regard de leurs missions propres de "secours à personnes") ne sont pas ceux dont les Samu ont besoin pour les interventions d'aide médicale urgente.
  • Les hélicoptères de la Sécurité Civile (notamment du fait que la Sécurité Civile refuse qu'ils soient basés dans les hôpitaux) sont beaucoup plus longs à décoller avec l'équipe médicale (selon le rapport, lorsqu'il s'agit d'un hélicoptère de la Sécurité Civile, le délai de mise en œuvre est de 21 minutes pour une intervention d'aide médicale urgente de jour et de 42 minutes la nuit).

Le développement de la flotte des hélicoptères de la Sécurité Civile repose, en grande partie, sur une supercherie. Les interventions relevant de l'aide médicale urgente sont comptabilisées, par défaut, comme du "Secours à personnes". Ce qui tend à faire croire aux décideurs qu'il s’agit réellement de "Secours à personnes" et à justifier ainsi toujours plus d'hélicoptères pour la Sécurité Civile. Le simple redressement de ces statistiques montrerait clairement le besoin en HéliSmur et le surnombre des hélicoptères de la Sécurité Civile.

Selon le rapport, il est estimé que l'équivalent de 10 hélicoptères à temps plein de la Sécurité Civile réalisent des missions d'aide médicale urgente. Ceci alors que la mission spécifique des hélicoptères de la Sécurité Civile est le "secours à personnes" en milieu difficile ou périlleux. La responsabilité opérationnelle et le financement actuel de ces hélicoptères doivent être transférés à la Santé. Dès lors, ils devront s'inscrire dans la mission de santé préconisée par le rapport du CNUH et être (durant leurs horaires opérationnels) basés sur l'hôpital auquel ils seront rattachés sur le plan fonctionnel.

 

François BRAUN       Président de Samu-Urgences de France

Dans le cadre des questions orales de mardi à l'Assemblée nationale, Camille de Rocca Serra a attiré l'attention du gouvernement sur l'impérieuse nécessité de maintenir les hélicoptères de secours Dragon 2A et2B.
Dragons 2A et 2B : le ministre n'éclaire pas - 25126774.jpg

En dépit de son insistance, le député de la Corse-du-Sud n'a pas eu de réponse claire sur le maintien des hélicos.

 

Le député partage les préoccupations exprimées par le Syndicat Autonome du Personnel Navigant de la Sécurité Civile de Corse concernant le démantèlement annoncé des deux unités.

Il semblerait que l'État envisage de supprimer la flotte de ces hélicoptères suite aux mesures préconisées par un rapport de l'inspection générale de l'administration.

Or, les particularités du territoire corse, liées aux difficultés d'accès des véhicules de secours et d'assistance ainsi qu'aux temps de parcours, rendent indispensables le maintien de ces hélicoptères sur l'île.

C'est pourquoi Camille de Rocca Serra a demandé au ministre de l'Intérieur de préciser ses intentions en la matière. Il a insisté pour que la qualité, l'efficacité et la rapidité des secours en Corse soient pérennisées grâce au maintien des équipements nécessaires à l'accomplissement de la mission prioritaire d'aide aux victimes. Il a notamment souligné que, l'année dernière, plus de 1 100 personnes ont été secourues en Corse-du-Sud par ces moyens héliportés.

C'est le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, qui s'est chargé de répondre. Il a été précis sur le nombre de missions aériennes effectuées par les hélicoptères de la Sécurité civile (un peu de 1 500 pour l'ensemble du territoire insulaire), a bien précisé que des économies devaient être réalisées, notamment en mutualisant les moyens dans le domaine de la maintenance.

Il a même parlé de « service public essentiel » et des handicaps géographiques de la Corse pour accéder aux victimes. Mais, bien que Camille de Rocca-Serra soit revenu à la charge après son intervention, le ministre n'a pas explicitement confirmé que les deux hélicoptères de la Sécurité civile seraient bien maintenus.

A la veille de la saison, on espère une réponse beaucoup moins alambiquée que ça...

L’EC145 T2 d’AirbusHelicopters certifié

vendredi 18 avril

L’EC145 T2, dernier membre de la famille EC145 d’AirbusHelicopters, vient de recevoir la certification de l’EASA. Celle-ci ouvre la voie aux premières livraisons aux clients dès le troisième trimestre de cette année. La certification délivrée par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) concerne l’ensemble des capacités de l’appareil, dont le vol avec un seul pilote, les règles de vol aux instruments (IFR), les vols monomoteur (Catégorie A/VTOL), ainsi que l’utilisation du dispositif de vision nocturne.

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Pour l’EC145 T2, le Fenestron a été doté d’une boîte de transmission arrière reconçue qui assure des coûts de maintenance réduits et intègre un actionneur de rotor de queue en duplex et un double circuit hydraulique.
© Airbus Helicopters

Plus de 20 EC145 T2 sont actuellement en cours de production afin de satisfaire les premières livraisons et de répondre à la montée en cadence de la production. À ce jour, Airbus Helicopters a enregistré plus de 100 commandes et options pour l’EC145 T2, ainsi que 15 commandes pour l’EC645 T2, sa variante militaire destinée à l’armée allemande.

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La suite avionique Helionix intègre le système d’alerte et d’auto-surveillance le plus innovant du marché selon Airbus Helicopters.
© Airbus Helicopters

Basée sur l’EC145, les modifications apportées par la version T2 incluent de nouveaux moteurs Arriel 2E et un rotor de queue caréné de type Fenestron, une boîte de transmission principale perfectionnée et une nouvelle boîte de transmission pour le rotor de queue, ainsi qu’un poste de pilotage avancé équipé de l’avionique Helionix d’Airbus Helicopters, avec un pilote automatique 4 axes.

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Associés à la boîte de transmission principale, les nouveaux moteurs à FADEC double canal assurent à l’appareil un niveau élevé de performance en mode monomoteur (OEI), ainsi qu’en vol stationnaire.
© Airbus Helicopters

Plan d’économies : les urgentistes de l’AMUF ne veulent pas que l’hôpital fasse les frais de coupes franches

 

Au moment où les hôpitaux publics sont dans le viseur du gouvernement, l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) s’inquiète des pistes avancées pour réaliser les milliards d’économies annoncés.

Visiblement agacé « des propositions très rapides de la FHF », son président, le Dr Patrick Pelloux, dénonce « une mise en scène » et espère des économies non structurelles.

Les urgentistes ont été agacés de voir la ministre de la Santé se féliciter de la mise à disposition des services mobiles d’urgence et de réanimation (Smur) de 47 hélicoptères dont le coût de location peut être élevé (celui de Chalon-sur-Saône coûte 1,45 million d’euros en année pleine hors mobilisation des équipes hospitalières). « Est-ce raisonnable alors que nous pourrions utiliser ceux de la sécurité civile ? », embraye Christophe Prudhomme, porte-parole de l’AMUF.

Un mouvement avant l’été ?

« Nous cherchons d’abord à défendre une évolution du système dans lequel nous pourrions mieux travailler et le départ de nos collègues désespérés ne règle rien », poursuit Patrick PellouxL’urgentiste regrette que l’AMUF, qui revendique 900 membres, ait été bannie des négociations car n’ayant pas été reconnue représentative. « Aucune de nos revendications n’a pu être discutée avec Marisol Touraine », regrette le Dr Pelloux.

Selon le médecin, aucun dossier n’avance, qu’il s’agisse du décompte du temps de travail en heures, de la prise en compte de la pénibilité du travail ou bien encore de l’alignement sur les droits sociaux concernant la maladie et la retraite dont bénéficient les agents de la fonction publique. La pétition qui a réuni plus de 2 000 signatures reste lettre morte et Patrick Pelloux n’entend pas en rester là.

Dans les semaines qui viennent, l’AMUF va mobiliser les urgentistes à travers la France pour relayer une nouvelle fois, sans grand espoir, leurs revendications au ministère de la Santé.

Patrick Pelloux est convaincu que les conditions sont réunies pour qu’éclate d’ici à l’été « un conflit au sein des hôpitaux dont l’ampleur pourrait surprendre ».

Laurence Mauduit

 du 14/04/2014

L'hélicoptère réclamé depuis des années par les sapeurs-pompiers sera en Guyane en avril. Une bonne nouvelle sauf que son habillage bleu, blanc, rouge ne convient pas aux pompiers qui le veulent orange et jaune, les couleurs de la sécurité civile pour l'exclusivité de son usage et leur sécurité. 

Voilà déjà plus de 15 ans que les sapeurs-pompiers de Guyane bataillent pour obtenir un hélicoptère. Après moult courriers la première prise en compte par un directeur de la sécurité civile de cette revendication date de 1999. De nombreuses personnalités (préfets et ministres) ont alimenté depuis une cohorte de promesses non tenues. La grève des pompiers de novembre 2011 a accéléré le mouvement et finalement le président de la république, François Hollande, lui même, a annoncé en décembre l'octroi de cet hélicoptère pour début 2014.

Un hélicoptère aux couleurs de la sécurité civile

Le 15 janvier une délégation de la sécurité civile confirme la mise à disposition de l'engin pour le mois d'avril. les sapeurs-pompiers découvrent que cet hélicoptère sera bleu, blanc et rouge.
Pour le secrétaire général UTG des sapeurs-pompiers de Guyane, le lieutenant Julien Deroche, cet habillage ne correspond pas à la directive européenne CEN 1789/2007 qui fixe les couleurs de la sécurité civile orange et jaune. De plus selon lui cet appareil qui aurait donc un caractère inter ministériel pourrait être réquisitionné par d'autres services de l'Etat à n'importe quel moment. Par ailleurs, ces couleurs ne garantiraient pas la sécurité des agents de la sécurité civile en cas d'intervention dans des zones dangereuses comme les sites d'orpaillage illégaux par exemple.
En clair, selon le syndicat UTG, il faut pas qu'il y ait d'exception guyanaise. Cet appareil à l'instar de ceux mis à disposition aux Antilles et sur le territoire national doit afficher les couleurs officielles de la sécurité civile.

L’appareil de la Sécurité civile est au cœur d’un débat mêlant sécurité, prise en charge des victimes et économies budgétaires. L’activité de la base du Touquet, où est stationné l’hélicoptère Dragon 62, doit être temporairement interrompue dès la fin de cette semaine. Mais les responsables des secours ont alerté les autorités sur les conséquences du départ de l’hélico. Plusieurs hommes politiques, dont Daniel Fasquelle et Dominique Dupilet, se sont mobilisés pour conserver l’hélicoptère au Touquet.

L’appareil rouge et jaune a bourdonné dans le ciel touquettois pendant tout le week-end de l’Enduropale. Tout au long de l’année, il parcourt inlassablement la Côte d’Opale et toute la zone du Nord, du Pas-de-Calais et de la Picardie. À peine l’enduro terminé, les personnels de la base du Touquet et les partenaires de santé attachés au Dragon 62 ont appris les premiers la nouvelle : l’activité opérationnelle du site serait suspendue de façon temporaire et l’hélicoptère pourrait être réaffecté dès dimanche sur l’une des vingt-trois bases françaises. Certains des sauveteurs rattachés au Dragon craignaient notamment que « le temporaire se transforme en définitif ».

Selon nos informations, les états-majors de la région militent depuis quelque temps déjà pour tenter de sauvegarder un équipement précieux en termes de rapidité des secours. Basé auparavant à Lille, le Dragon 62 s’est installé au Touquet en 2010.

Économies budgétaires

En décembre dernier, au cours d’un déplacement en Guyane, le président de la République François Hollande avait annoncé l’arrivée d’un hélicoptère de la Sécurité civile à la fin du mois de mars 2014. Une requête formulée par les sapeurs-pompiers guyanais depuis 2006. Dans les stratégies actuelles d’économies budgétaires, l’achat d’un nouvel appareil semble très peu probable. L’hélicoptère attendu en Guyane devrait donc provenir du parc d’appareils déjà existant. Le lien avec la situation actuelle de la Côte d’Opale a été rapidement établi.

« Non assistance à personne en danger »

Ce mardi, Dominique Dupilet, président (PS) du Département du Pas-de-Calais, a écrit unelettre ouverte à Manuel Valls, ministre de l’Intérieur en charge du dossier, pour l’avertir : «Le détroit du Pas-de-Calais est le deuxième détroit le plus fréquenté au monde. (…) C’est un goulot d’étranglement sur la principale route maritime économique de l’Europe. À ce titre, il concentre tous les dangers pour les gens de la mer, pour les côtes, pour les habitants de celles-ci. »

L’élu défend ensuite les intérêts de la base du Touquet : « Aujourd’hui, au nom de la modernisation de l’action publique, il est envisagé de redéployer l’hélicoptère Dragon 62 basé sur la côte d’Opale. Si la modernisation de l’action publique est effectivement une nécessité, l’évaluation objective de la situation du détroit du Pas-de-Calais justifie le maintien de la base d’hélicoptères de la Sécurité civile du Touquet ! »

Daniel Fasquelle a rencontré Manuel Valls

Ce mardi, dans l’après-midi, Daniel Fasquelle, député-maire (UMP) du Touquet, a annoncé qu’il « soutenait la position de Dominique Dupilet ainsi que celle de Christophe Pilch, président des sapeurs-pompiers du Pas-de-Calais ». Daniel Fasquelle pose deux questions : « Pourquoi l’hélicoptère part ? Quelle est la date de son retour au Touquet ? » Si l’appareil revient un jour… « Sinon, c’est de la non assistance à personne en danger », déplore le député, qui a joint ce mardi matin le cabinet de Frédéric Cuvillier, Boulonnais et ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche.

Ce mardi après-midi, juste avant les questions d’actualité à l’assemblée, Daniel Fasquelle a rencontré Manuel Valls, déjà informé par Frédéric Cuvillier. Daniel Fasquelle a aussi envoyé ce mardi après-midi un message au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Dans l’hémicycle, celui-ci lui a répondu d’un petit mot : « Je vois votre question d’hélicoptère. »

L’annonce du départ temporaire, mais pour « une durée indéterminée», du Dragon 62 a fait l’effet d’une bombe chez les professionnels des secours. Les raisons de ce choix, la probabilité pour que cela devienne définitif, la nouvelle organisation des secours d’urgence... Autant de questions qui n’ont pas toujours de réponse.

La nouvelle est tombée jeudi dernier : le ministère de l’Intérieur a décidé de redéployer sa flotte d’hélicoptères de la sécurité civile (ils sont 35) afin de doter la Guyane, qui n’en a pas sur son vaste territoire, d’un moyen d’intervention et de secours rapide. Sans doute en raison du tollé que cette décision a provoqué dans le secteur, le départ du Dragon pour Nîmes a eu lieu plus tôt que prévu, en attendant sa nouvelle affectation.

Utile Dragon ...

L’utilité de l’appareil de secours qui permettait de rejoindre Lille en vingt minutes n’était en effet plus à démontrer. Doté depuis environ deux ans d’une équipe médicale en permanence, il a permis en 2013 de secourir 321 personnes (pour 449 interventions), presque une par jour en moyenne (contre 147 en 2011).

C’est précisément parce qu’en 2010, le rôle d’un hélicoptère semblait essentiel après deux saisons estivales expérimentales, que le ministère de l’Intérieur avait décidé de pérenniser la base toute l’année au Touquet. Cela permettait d’accroire considérablement les capacités d’intervention d’urgence, sur la bande littorale, de Berck à Calais, où l’on ne compte que trois SMUR. Grâce à sa vitesse de 230 km/h, le Dragon 62 pouvait être n’importe où dans ce secteur en moins d’un quart d’heure. Même en mer, comme l’a rappelé l’hélitreuillage des cinq marins pris au piège du Saint-Nicolas à l’entrée de Boulogne en novembre dernier.

Comment le remplacer ?

Désormais, comme l’a précisé le ministère, ce sera à l’hélicoptère de la gendarmerie nationale, ou à celui du SAMU, basé à Arras, d’intervenir sur les lieux des accidents. Avec les pertes de temps que cela impliquera. Le ministère se montre confiant, les urgences des hôpitaux concernés, beaucoup moins. Car l’hélicoptère du SAMU avait d’abord une fonction de transport d’urgence, pas de secours. Concernant le sauvetage en mer, la préfecture maritime Manche–Mer du Nord précise que « l’hélicoptère Dauphin de la marine nationale, basé au Touquet, continue d’assurer la grande majorité des opérations de sauvetage en mer sous le coordination du Cross Gris-Nez ». En 2013, 86 opérations ont été effectuées par cet appareil, donc 67 de sauvetage en mer ; vingt-cinq personnes ont été secourues.

Valls maintient

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, qui était en visite à Wingles (près de Lens), hier, a été interrogé sur le sujet. Il maintient sa position, tout en affirmant que la base du Touquet «restera ouverte. » Sauf qu’une base d’hélicoptère sans hélicoptère c’est un peu comme un bateau sans coque. Que veut dire alors « départ pour une durée indéterminée » ? Alors que cette base n’est pas logée dans des locaux en dur, mais dans des containers provisoires.

Une solution d’hébergement définitive, ou même la construction d’un local permettrait sans doute de démontrer que le secteur tient à son hélicoptère. Mais pour cela il faut 2,5 M €. La sécurité des personnes, mais aussi de la navigation dans le chenal vaut sans doute la peine de dépenser cette somme. Le Dragon 62 était en effet associé dans une collaboration européenne de secours incluant l’Angleterre et même les Pays-Bas. Utile quand on sait que les équipes du Touquet se sont déjà rendues sur des cargos, pour réveiller l’homme de quart qui ne répondait plus à la radio.

Reste à espérer que la nécessité pour la sécurité civile de disposer d’un hélicoptère en Guyane soit motivée uniquement par l’afflux dans ce secteur d’amateurs de football voulant se rapprocher du Brésil pendant la Coupe du monde.